Est-ce que la Convention est adaptée aux collectivités rurales? Rapport de terrain

Est-ce que la Convention est adaptée aux collectivités rurales? Rapport de terrain
Publié par Jade Charouk le 27/12/2013

Les partenaires de l'action européenne '100% Territoires à Énergie Positive' mènent une enquête de terrain sur la Convention des maires auprès de 200 collectivités rurales. Les résultats principaux sont résumés ci-dessous.

Une enquête de terrain

Répartis sur 10 pays, les partenaires de l'action européenne conduisent une enquête de terrain impliquant plus de 200 représentants de communautés rurales. il s'agit pour la plupart d'élus locaux ou de représentants de communauté de communes à caractère rurale.

L'enquête est réalisée à travers un questionnaire envoyé par courrier/courriel aux contacts municipaux des différents partenaires, couplé à des interviews en vis-à-vis.

Des objectifs ciblés

Le choix des questions se base sur des objectifs bien précis : 

  • Identifier les obstacles justifiant le faible taux d'implication des communes rurales au sein de la Convention des Maires.
  • Proposer des pistes de solutions et des recommandations pour une meilleure appropriation de la Convention des maires dans les milieux ruraux

Résultats: ‘nous manquons de… tout’

Globalement, notre investigation fait ressortir 2 points clés: d'une part un engagement fort et une prise de conscience poussée du rôle que peut jouer leur 'petite commune rurale' dans l'atteinte des objectifs européens pour 2020. D'autre part, une situation précaire, surtout présente dans les 4 secteur clés suivants: les ressources humaines, les ressources techniques, les ressources financières, et la communication. 

“on manque de ... ” est sans doutes le mot clé de l'histoire d'une commune rurale qui souhaiterait élaborer et réaliser son plan d'action énergie durable. 

  • La majorité des communes rurales interrogées ne dispose pas de plus de d'une personne (le plus souvent temps partiel) pour travailler sur les aspects énergétiques. De surcroit, cette personne doit être techniquement renforcée à travers une collaboration externe (consultants privés, agence de l'énergie ou coordinateur territorial.)
  • la diffusion limitée et le manque d'outils de réalisation d'inventaire CO2 et l'absence de règles standardisés sont des freins à réalisation d'un plan d'action
  • La grande majorité des communes sondées alloue moins de 5000 euros par an pour des actions sur l'énergie.
  • La Convention des maire est caractérisée par un langage technique et bureaucratique pesant, ainsi qu'un flot d'information trop important et mal structuré,  qui souvent freinent les employés municipaux.

Conclusion: Ensemble ou pas du tout

Plus de 90% des répondants estiment que l'engagement collectif dans la convention des maires est la bonne - et unique - façon pour adresser les difficultés des communes rurales.

Ce point de vue est compréhensible, dans la mesure ou l'engagement collectif se fait souvent grâce à l'implication d'une organisation supra-locale qui permet de mutualiser les efforts et les moyens, fédérer les points de vue en une vision commune et coordonner les actions d'envergures. Par ailleurs, l'implication d'un coordinateur territorial, dont le rôle est officiellement reconnu par la Convention des maires, permet d'apporter un soutien technique aux communes, ainsi que des moyens humains et financiers conséquents.. L'enquête montre finalement que la collaboration des communes rurales dans un cadre ambitieux tel que celui porté par l'action Territoire à Énergie Positive représente sans doutes une approche efficace pour améliorer la qualité de vie des citoyens.

Les partenaires de l'action Territoire à Énergie Positive continuent  leur campagne de terrain pour donner voix aux communautés rurales et fournir à la Convention des maires de nouvelles idées pour une  politique énergétique améliorée.