Des installations photovoltaïques pour tous

Des installations photovoltaïques pour tous
Publié par Jade Charouk le 20/09/2013

A Flobecq, petit village wallon de 3500 habitants, les élus locaux prennent les choses en main et proposent à leurs citoyens un service pour le moins innovant.

Voulez-vous une installation PV gratuite?

Telle fut la simple mais incroyable proposition que la commune a faite à tous les ménages du village, à travers son asbl « Collines sous Levant ». 300 ménages ont répondu présent à l'appel.

« Étonnamment, ce n'était pas évident du tout », commente Philippe Mettens , en effet  il a fallu quelques conférences et un grand nombre de réunions afin de démystifier le système et faire comprendre aux gens que ce n'était pas une arnaque et que cela pourrait vraiment fonctionner.

Comment ça marche ?

Le système est un modèle de tiers investissement dans lequel,  un tiers (l'asbl colline sous levant) sollicite un prêt auprès d'une banque pour acheter (auprès d'entreprises locales ) et faire placer des installations photovolotaïques. il récupère son investissement grâce la vente des certificats verts octroyés par la Région Wallonne. Dès que l'installation a couvert ses coûts initiaux ( de 5 à 10 ans ), la propriété de l'installation photovoltaïque est automatiquement transférée au ménage pour un coût nul. Pendant tout ce temps, le compteur électrique des ménages participants aura tourné à l'envers , ce qui aura réduit considérablement leurs factures énergétiques (en moyenne, 750 €/an).
L'investissement total du tiers investisseur atteint les 4,5 millions d'euros. Un aspect intéressant est que « Tout l'argent provenait de la banque; excepté l'étude de faisabilité, la municipalité n'a pas déboursé un centime », explique Philippe Mettens, bourgmestre de Flobecq.

Le modèle est-il reproductible ?

Oui. Si le niveau de soutien public le permet. Dans notre modèle, les certificats verts sont utilisés pour rembourser l'investissement tandis que tous les avantages de la production d'énergie ( le compteur qui tourne à l'envers) vont au ménage. Cela ne fonctionne que si les certificats verts couvrent à eux seuls le coût des installations. Aujourd'hui, avec moins de certificats délivrés par MWh produit en photovoltaïque  (le régime de certificat vert ayant récemment changé en Wallonie) , le système doit être adapté et une partie de l'économie d'énergie générée par la production PV devra être utilisée pour rembourser le tiers investisseur. Les ménages participants auraient donc à payer une redevance annuelle pour bénéficier de ce service. Malgré ceci, le modèle  restera financièrement intéressant puisque, d'une part, cette redevance restera inférieure à l'économie d'énergie et d'autre part, aucun investissement initial n'aura été exigé du ménage.

Acquérir un savoir-faire dans la gestion du réseau

Le projet va au-delà de son aspect de production verte. En effet une chaire à l'université de Mons a été créée pour étudier les implications de l'intégration d'un nombre important d'installations photovoltaïques dans un périmètre restreint.

ORES, le gestionnaire du réseau est aussi impliqué dans le projet. Grâce aux compteurs intelligent qu'il a gratuitement distribué aux ménages participants, ORES  évalue en temps réel l'impact des installations sur le réseau local et gère les problèmes de saturation en période de grande production.

L'économie locale

Toutes les entreprises actives dans le domaine du photovoltaïque ont été invitées à se joindre au projet. « Ce point était crucial car nous voulions profiter de cette occasion pour favoriser et soutenir toutes les entreprises locales, quelques soit leurs tailles.

Mais dans la mesure où nous voulions également nous assurer de la qualité de nos installations, nous avons fait signer à toutes ces entreprises une charte de qualité aux exigences techniques très détaillées », a déclaré Philippe Mettens.

Vers l'autonomie énergétique

Les installations photovoltaïques ont été dimensionnées pour répondre aux besoins électriques des ménages.  Aujourd'hui (en 2013), un tiers des habitants de Flobecq est électriquement «autonome».

Afin d'atteindre l'ensemble de ses citoyens, la commune lance un projet de biomasse (1,5 million d'euros), tout en travaillant avec les organismes de développement territorial sur la possibilité de s'engager conjointement dans la convention des maires.