Nouveaux objectifs européens: pour un positionnement clair de la Convention des Maires

Nouveaux objectifs européens: pour un positionnement clair de la Convention des Maires
Publié par Frédéric Praillet le 15/01/2015

Alors que 22 communes wallonnes ont déjà adhéré à la Convention des Maires pour le climat et élaboré leur Plan d’Actions en faveur de l’Energie Durable en vue de réduire leurs émissions de CO2 de 20% à l’horizon 2020, nombreuses sont celles qui y travaillent actuellement. On citera notamment les initiatives des Territoires à Energie Positive telles que le groupe de 16 communes de la province de Luxembourg accompagnées dans leur démarche par le service technique provincial dans le cadre de la dynamique PEPS-Lux ou le groupe de 10 communes de la Wallonie picarde accompagnées par leur intercommunale de développement économique IDETA

2020, c’est demain !

Alors que l’échéance 2020 se rapproche à grands pas, nombreuses parmi ces communes sur le point de s’engager sont celles qui se demandent si l’objectif de réduction des émissions de leur territoire de 20% en 5 ans est réaliste.

En effet, outre les actions propres à leur patrimoine, leurs plans d’actions sont surtout axés sur la mobilisation des parties prenantes (agriculteurs, citoyens, entreprises, associations, etc.) en vue de développer des projets d’économie d’énergie et de production d’énergie renouvelable.

Si certaines d’entre elles ont la chance de bénéficier sur leur territoire d’un tissu associatif et d’entreprises déjà très actifs dans le domaine et prêts à porter la dynamique de transition énergétique, d’autres partent de très peu et vont donc devoir consacrer beaucoup de temps et de moyens à sensibiliser et convaincre les parties prenantes à s’engager.

En outre, pour beaucoup de communes, nombres de projets ne pourront véritablement voir le jour et être menés à bien efficacement que s’ils sont abordés suivant une approche supra-communale (voir : énergie positive en Wallonie, une approche territoriale est indispensable) qui devra se construire progressivement.

N’oublions pas non plus que les élections municipales prévues en Belgique en 2018 risquent de freiner certaines initiatives, ne serait-ce que par la période de transition associée à l'arrivée de nouvelles personnes à la direction des affaires communales.

De nouveaux objectifs européens !

Le 23 octobre dernier, le Conseil européen adoptait un paquet de quatre objectifs « énergie et climat » à l’horizon 2030 :

  • Réduire de 40% les émissions de gaz à effet de serre (GES) par rapport à 1990,
  • Atteindre au moins 27% de part du renouvelable dans l’énergie finale consommée au sein de l’UE.
  • Atteindre au moins 27% d’efficacité énergétique (qui pourrait être réévalué à 30% d’ici 2020)
  • Atteindre un minimum de 10% de capacité d’interconnexion par État membre. Après évaluation, cet objectif pourrait passer à 15% pour 2030.

Il semble donc évident que la Convention des Maires devra s’aligner sur ces objectifs qu’elle pourrait simplifier en invitant ses communes adhérentes à se fixer un objectif de réduction des émissions de leur territoire de 40% à l’horizon 2030

Une vision « énergie positive » à l’horizon 2050 !

Dans les prochaines semaines, les communes de Wallonie et leurs coordinateurs supra-communaux seront invités par la Région wallonne à rejoindre leurs confrères de la province de Luxembourg et de la Wallonie picarde au sein du réseau belge des Territoires à Energie Positive. Les territoires à énergie positive visent l'objectif de réduire leurs besoins d’énergie au maximum, par la sobriété et l'efficacité énergétiques, et de les couvrir par les énergies renouvelables locales ("100% renouvelables et plus") à un horizon temporel défini (souvent 2050).

Ils considèrent dès lors les objectifs 2020 et 2030 comme intermédiaires dans leur stratégie globale de transition énergétique.

Pour une souplesse visant à favoriser l’engagement de nos communes !

A la lumière de ces constats et afin de permettre à un maximum de communes de rejoindre le mouvement de la transition énergétique en s’appropriant cet outil fantastique qu’est la Convention des Maires, il est proposé que les communes qui désirent y adhérer dans les prochaines années puissent choisir l’horizon temporel (et l'objectif de réduction des émissions associé) sur lequel elles veulent baser leur stratégie. Ainsi, les communes qui ont déjà enclenché la transition énergétique de leur territoire dans une vision 2020 et désirent formaliser cet engagement à travers leur adhésion en auront la possibilité, tandis que celles qui se lancent maintenant dans la réflexion pourront appréhender leur stratégie de manière sereine dans le cadre d’un horizon temporel plus tenable et éventuellement dans le cadre d’une vision « énergie positive » à l’horizon 2050.