Non, la baisse actuelle des coûts pétroliers ne remet pas en cause l’engagement des territoires à énergie positive !

Non, la baisse actuelle des coûts pétroliers ne remet pas en cause l’engagement des territoires à énergie positive !
Published by Frédéric Praillet on 15.01.2015

On en parle énormément dans les médias ces derniers jours, le cours du baril de pétrole ne cesse de chuter ces derniers mois. Les principales causes de cette dégringolade sont le boom du pétrole de schiste américain, la décision de certains membres de l’OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole) de ne pas baisser leur production et le ralentissement de l’économie mondiale.

Dans ce contexte, plusieurs élus locaux pourraient être tentés de considérer de manière simpliste que la transition énergétique n’est pas/plus une priorité.

Pourtant, l’engagement de nos territoires vers une économie bas carbone est plus que jamais indispensable. Dans le « World Energy Outlook 2014 », l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) signale en effet que, d’une part, la chute du prix du pétrole actuelle ne durera pas, et d’autre part, le climat se réchauffera de +3,6°C d’ici 2100 si un changement radical n’intervient pas.

La chute des prix du pétrole ne durera pas

Sans tenir compte de tout événement accidentel ou imprévus, l’AIE nous avertit que la bulle des pétroles de schistes américains s’affaiblira dès les années 2020, réduisant ainsi le nombre de producteurs sur le marché mondial face à une demande en constante augmentation et provoquant vraisemblablement une nouvelle augmentation des prix et une instabilité du marché du pétrole très dépendant du climat géopolitique du Moyen Orient.

De plus, la baisse des prix actuelle n’est économiquement pas tenable pour les pays exportateurs. Combien de temps pourront-ils encore maintenir leur production élevée ?

Enfin, cette baisse des prix commence déjà à freiner les plans d’investissement en amont, avec des implications pour l'approvisionnement futur.

Sans changement radical, le climat se réchauffera de +3,6°C d’ici 2100

Au-delà d’un réchauffement climatique de +2°C, il est maintenant prouvé que les conséquences sur notre mode de vie seront énormes et irréversibles (migration de populations, disponibilité d’eau potable, catastrophes climatiques, etc…). Il est donc dans l’intérêt de tous qu’un changement radical soit impulsé. Or, les communes et territoires sont en première ligne pour initier ce changement. Plusieurs facteurs structurels justifient en effet leur implication :

  • Les gisements d’énergies renouvelables et d’économies d’énergie sont par nature locaux ;
  • Les responsabilités confiées aux communes augmentent régulièrement depuis 30 ans : Aménagement du territoire, Développement économique, Action sociale, etc…
  • L’énergie s’impose comme une question sociétale majeure pour les citoyens (précarité énergétique, risques environnementaux, etc.) et de ce fait, pour les élus locaux.
  • L’énergie s’impose également comme un vecteur de développement économique local direct (Actifs de production, chiffre d’affaires généré, bénéfices nets dégagés, coûts de l’énergie maîtrisés) et indirect (création d’emplois, développement de pôles de compétences, de recherche et de formation, création de filières industrielles)
  • La prise en main de la transition énergétique constitue un gisement de valeur d’image et d’attractivité globale pour les communes (préservation de l’environnement, dynamisme économique, qualité de vie)

La question de l’engagement de nos territoires peut dès lors se résumer de la manière suivante : Le changement sera-t-il construit par nos politiques ou forcé par les événements !?